Jah warrior

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« J’ai commencé à m’intéresser au reggae au milieu des années 70, lorsque j’habitais à Manchester. A l’époque il y avait peu de reggae à la radio, mais j’écoutais l’émission de John Peel sur Radio One car il en passait toujours un peu. C’était la période des « punky reggae party » et c’est à l’occasion d’un festival en plein air que j’ai entendu mon premier sound system. C’est là que je me suis rendu compte que ce genre de musique était différent du reste, avec un côté plus dur et la présence d’étranges echos sur les parties de voix et de clavier. J’ai découvert que ce style de reggae était appelé « dub » et je suis devenu très vite accro. Les soirées étaient différentes à cette époque. La plupart des sounds avaient un volume plus puissant, tu suffoquais littéralement tellement la pression de la basse sur la poitrine était énorme, mais en 1980, j’ai découvert un autre niveau de Sound System quand j’ai écouté Jah Shaka pour la 1ère fois. L’intensité qu’il y avait dans ses soirées était phénoménale. Les morceaux qu’il jouait, la façon dont il triturait le son et son « DJ style » étaient unique. C’est en 81 quand je suis parti vivre à Londres que j’ai commencé à aller régulièrement à ses soirées. Même si d’autres sounds pouvaient jouer les même dubs, les cuts de Shaka étaient toujours les plus terribles et tous ceux qui se revendiquent de cette scène aujourd’hui et qui produisent ou mixent du dub ont forcément été influencé par lui, moi y compris ! En fait, la scène roots actuelle en Angleterre n’existerait probablement pas sans Shaka, car c’est le seul qui a gardé la foi et qui l’a laissée le guider quand les autres sounds se laissaient entraîner dans le « sleng teng », les MC’s rapides ou le ragga. Au milieu des années 80, j’ai eu l’opportunité de m’y mettre pour de vrai, quand le DJ hip hop Tim Westwood m’a demandé de faire une émission reggae sur une radio pirate dans laquelle il était : LWR. Je faisais en général des «sessions tapes» à l’avance, sur lesquelles j’enregistrais du dub avec un MC et des effets, puis je diffusais ça dans l’émission. A cette époque des jeunes du coin qui montaient un sound system m’ont demandé de les rejoindre comme sélecteur du fait de ma grande collection de disques. Ce sound s’appelait Humble Lion. Pendant quelques années on a joué dans des soirées dans tout le North London, et on s’est fait une petite réputation. Les membres du sound allaient et venaient, jusqu’à ce qu’en 1987 on décide de construire le sound et de l’appeler JAH WARRIOR . Les années suivantes, on a joué à Londres et dans des villes comme Leicester, Southend, Bradford, Coventry, etc…tout seuls ou avec d’autres sounds, comme Manasseh, Jah tubby’s, Iration Steppas, Aba Shanti, Jah Observer…

C’est bien l’experience des sounds systems qui m’a conduit à la production musicale. J’ai commencé par faire des dubplates avec Keety Roots et Blacka Vibes, dans un studio de East London. J’ai continué à faire ça dans d’autres studios, avec d’autres gens, tout en apprenant à jouer des instruments tout seul (même si je ne me considère toujours pas comme un musicien). Puis en 1990, j’ai eu l’occasion de sortir un LP, «Warrior Dub», sous le nom de Zulu Warriors, et un single, «2000 Style», avec Naph-Tali avant de me consacrer à nouveau aux productions dub pour notre sound system. En 1995, j’ai décidé que le moment étai venu pour me remettre à sortir des disques, et ce fut le premier morceau sur JAH WARRIOR records : «The 22nd book», chanté par mon vieux compagnon Naph-Tali. La chanson s’est bien vendue et fut unanimement acclamée comme un des meilleurs singles roots de l’année. Depuis, la production musicale a pris le dessus sur le sound system et le label Jah Warrior s’est imposé au fil des années comme l’un des fers de lance de la production indépendante reggae-dub en Angleterre. A tous ceux qui m’ont accompagné sur le chemin, je tiens à dire merci, respect. » STEVE MOSCO aka JAH WARRIOR